Est-On Libre Daimer Dissertation

EST-IL RAISONNABLE D’AIMER ?

INTRODUCTION
L’amour est un phénomène qui peut prendre plusieurs formes. Par exemple, il y a l’amour-passion (entre deux amants), mais il existe aussi l’amour filial, l’amour maternel, il existe également la compassion (qui est le sentiment de l’amour accompagné de charité). Mais on a encore en plus l’amour d’amitié, l’amour pour le genre humain en général qu’on dénomme la philanthropie. L’amour est cependant un type de relation de relations particulières malgré la diversité possible de ses formes : aimer, c’est faire le don de son cœur et de sa bonne volonté pour un autre être que nous-même. Il apparaît donc spontanément comme un sentiment positif, néanmoins est-il toujours raisonnable d’aimer ? Et par ailleurs, philosopher, n’est-ce pas déjà s’acheminer vers l’Amour ?

PREMIÈRE PARTIE : IL N’EST PAS TOUJOURS RAISONNABLE D’AIMER DANS CERTAINES CIRCONSTANCES.

Premier argument : L’amour de l’humanité en général n’est pas raisonnable, car la plupart du temps, les gens sont décevants. La nature humaine est telle que l’on rencontre peu d’individus vraiment sincères, fidèles et loyaux. Ainsi Chamfort déclarait : « Qui n’est pas misanthrope à 40 ans n’a jamais vraiment aimé les hommes ». Ainsi quand on fait le bien autour de soi, peu de gens remercient réellement leur bienfaiteur. Preuve en est : dans les Évangiles, on nous montre Jésus guérissant dix lépreux, et un seul revient le remercier. Comme la nature humaine semble donc ingrate. L’amour philanthropique est trop souvent un leurre parce que les gens pensent plus à s’aimer eux-mêmes qu’à aimer les autres.

Deuxième argument : L’amour est déraisonnable aussi parce qu’il relève plus du sentiment spontané et de l’intelligence émotionnelle que de l’intelligence rationnelle  . L’amour est un sentiment provenant du cœur, qui nous porte au-delà de nous-même ; mais comme il provient d’abord de notre partie sensible plutôt que de notre partie raisonnable et raisonnante ; il a le feu de la passion qui aveugle. C’est pourquoi d’ailleurs existe le proverbe : « l’amour rend aveugle ».
Cet aveuglement se retrouve d’ailleurs aussi bien pour l’amour de bienveillance que pour l’amour d’union. Analysons maintenant cet aveuglement qui rend l’amour si souvent déraisonnable.

a) On voit que l’amour est déraisonnable, aveugle car souvent il échoit à des êtres qui ne le méritent pas. Fréquemment, on aime les gens que les circonstances de la vie nous font rencontrer plutôt que  des êtres qui le mériteraient intrinsèquement parlant. Et comme il faut bien que le cœur s’attache à quelqu’un, il suffit d’être là au bon endroit au bon moment pour que l’amour apparaisse. Ainsi, il suffit d’aller au bal ou à une fête nocturne réunissant jeunes gens et jeunes filles pour que « le coup du sort » fonctionne plutôt qu’il ne s’agit d’un véritable choix. Ce qui est valable pour l’amour d’union (l’amour dans le couple) et aussi valable pour l’amour de bienveillance, comme dans l’amitié. En amitié, c’est aussi souvent « le coup du sort » qui opère plutôt que le discernement réel. Ainsi, par exemple à l’école, les élèves ont tendance à se lier à leurs camarades de classe plutôt qu’à ceux provenant d’une autre classe. Le problème, c’est qu’alors amour et amitié semblent plus relever «de la loterie » que de la raison ; il n’est pas étonnant dès lors que ces sentiments se portent sur des gens qui ne le méritent pas forcément.

b) L’amour est parfois tellement aveugle et déraisonnable qu’il n’y a pas forcément réciprocité. Aussi le cœur humain nativement s’attache à ses parents, mais ceux-ci peuvent avoir un comportement dénaturé. Il n’y a pas besoin d’être adulte pour éprouver le sentiment d’amour ; il suffit de se laisser aller dans les élans de son cœur ; mais l’amour apparaît d’autant plus déraisonnable qu’il est quand même assez souvent non réciproque. Comme le chante Carmen dans l’opéra de Bizet  : « L’amour est enfant de Bohème, si tu ne m’aimes pas, je t’aime ». L’amour apparaît donc déraisonnable quand il est un aller sans un retour.

c) L’amour est aveugle aussi quand il est trop charnel (nous parlons dans ce cas uniquement de l’amour dans le couple). Notamment quand les jeunes hommes sont inexpérimentés et mal éduqués ; ils prêtent plus attention à la beauté externe des femmes qu’à leur beauté intérieure. L’amour est donc déraisonnable quand il provient d’abord des pulsions sexuelles. Qu’on ne dise pas que l’amour dans le couple puisse n’avoir rien à voir avec la libido et les pulsions de l’Éros ; car le physique, c’est quand même ce qu’on voit en premier. Si donc notre âme en voyant pour la première fois son partenaire s’exclame « Tiens, il n’est pas beau ! » ; il est très difficile ensuite de contrer cette première impression liée au physique.

d) Ce qui montre également est souvent déraisonnable ; c’est que c’est un sentiment violent (surtout quand il est lié aux pulsions sexuelles comme dans l’amour dans le couple). Mais l’amour est facilement même dans l’amitié, possessif et jaloux. L’amour, par sa tendance passionnelle nous porte donc aux excès des sentiments.

e) Puis, enfin ce qui démontre enfin que l’amour est déraisonnable, surtout dans le couple, c’est qu’il est souvent relié à notre enfance et à notre vécu œdipien. Mais bien avant Freud, les philosophes comme Descartes avait déjà remarqué cet état de choses. Ainsi Descartes dans son ouvrage Les passions de l’âme nous parle de son attirance spontanée et incontrôlable pour les femmes qui louchent à l’âge adulte, parce qu’étant enfant sa première grande amitié était une fillette qui louchait. Or, comme le précise Descartes, le fait de loucher est un défaut, et non une qualité, par suite l’âme devrait plutôt être réticente à s’attacher à des personnes qui louchent. Aussi Descartes se dit que l’amour est fondamentalement déraisonnable puisqu’il est lié à nos premières impressions dans l’enfance.

f) Mais finalement ce qui montre que l’amour est par essence déraisonnable, c’est que l’on peut tomber amoureux de quelqu’un qui nous est interdit. Par exemple, une femme qui tombe amoureuse d’un homme marié ; la société lui interdit l’amour avec cet homme, et va dire qu’il y a péché adultère. Le drame de Roméo et Juliette illustre encore cet aspect déraisonnable de l’amour quand il va à l’encontre des conventions sociales. Si l’amour était intrinsèquement un sentiment raisonnable, on ne verrait pas autant de drames et d’histoires d’amour impossibles.

TRANSITION
L’amour est donc bien déraisonnable puisqu’il peut même mener à des actes criminels. Par exemple, l’époux trompé qui découvre l’adultère de sa partenaire ; et qui tue sa femme et son amant. Seulement, il est impossible pour un cœur humain d’être épargné par l’amour. Il y a toujours un moment où l’homme le plus résolu à ne pas tomber amoureux tombera sous les flèches de Cupidon, au moment où il s’y attend le moins. C’est pourquoi Sophocle dans sa pièce Antigone en parlant de l’amour du fils du roi pour Antigone écrit : « C’en est fait de sa raison … Le désir a sa place entre les grandes lois de la nature ; et sans combat la divine Aphrodite, fait de nous ce qu’elle veut ». Personne ne peut résister à l’amour, personne ne peut y échapper dans sa vie, homme ou femme, jeune ou vieux, pauvre ou puissant. Et celui ou celle qui n’aurait jamais ressenti ce sentiment, il ou elle se sentirait inaccompli et n’ayant pas vraiment vécu. C’est pourquoi dans le Cantique des Cantiques, hymne à l’amour des amoureux, il est écrit : « L’amour est fort comme la mort … Les grandes eaux ne sauraient éteindre l’Amour ; et les fleuves ne le submergeraient pas ». Puisque l’amour est si puissant, il fait partie quelque part de notre instinct de survie et ne saurait donc être complètement déraisonnable.

DEUXIÈME PARTIE : CONTRAIREMENT À L’OPINION COMMUNE, IL EST DONC QUAND MÊME RAISONNABLE D’AIMER PAR CERTAINS ASPECTS .

Premier argument : Il est raisonnable d’aimer dans le couple, dans la mesure, où l’amourt permet la perpétuation de l’espèce.C’est pourquoi un philosophe comme Scopenhauer dans son traité Métaphysique de l’Amour déclare que l’amour est la chose la plus importante du monde, car c’est là que se joue le sort de la génération future, de l’Humanité de demain : « L’amour est toujours une matière à raillerie toute prête, justement parce qu’il est au fond la chose du monde la plus sérieuse ». Ne pas aimer reviendrait à ne pas se reproduire, ce qui est contre-nature pour le cœur humain.

Deuxième argument : Il est raisonnable d’aimer puisqu’aucun être humain ne peut s’en passer. Naturellement le cœur humain aspire à aimer et à être aimé. Qu’il s’agisse d’amour ou d’amitié, nous avons besoin d’un contact positif avec autrui. Saint Paul dans ses lettres aux romains déclare ainsi : « Quand je parlerai les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit … Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien » . Mais attention , il ne s’agit pas que de l’amour qu’on porte aux autres, mais aussi de l’amour qu’on reçoit. Car donner sans recevoir en amour est une impasse. Et d’ailleurs toutes les névroses résultent d’un manque d’amour non reçu dans l’enfance. Et si on n’a a jamais été aimé, on n’a pas vraiment la force de vivre et d’aimer à son tour. Aimer et être aimé donne un sens à la vie ; c’est pourquoi Sartre dans l’Être et le Néant a cette belle formule : « L’amour, c’est se sentir justifié d’exister » . Cependant, il faut que l’amour soit reçu et donné pour qu’il acquiert toute sa puissance.

Troisième argument : De même que l’amour dans le couple est nécessaire ; de même l’amour d’amitié est souhaitable et raisonnable. Celui qui a bien démontré ceci est le philosophe Aristote dans son ouvrage dédié à son fils : Éthique à Nicomaque, au livre 9. Dans ce livre 9, Aristote détaille toutes les caractéristiques de la véritable amitié. Ce qui fait la grandeur et l’aspect raisonnable de l’amour en amitié, c’est que les personnes ont des liens d’affection sur un pied d’égalité. En amitié véritable, il n’y a pas , comme l’a bien montré Aristote de dominant et de dominé. Il y a une égalité de droit entre les amis. Par ailleurs, dans la véritable amitié, il y a une émulation entre amis pour développer ce qu’ils ont de meilleur en eux. Les amis s’encouragent les uns les autres dans le cheminement vers la vertu, ce qui ne saurait être dans une association de coquins. On voit donc bien que l’amour en amitié est raisonnable.

CONCLUSION
En conclusion, nous pouvons donc affirmer qu’il est raisonnable d’aimer. L’amour, comme la lumière est indispensable aux humains pour vivre. Cependant qui n’a pas brûlé son cœur au feu de l’amour ne connaît pas réellement la souffrance. Sartre a dit qu’ « aimer , c’est se sentir justifié d’exister », mais on peut même dire que ce n’est qu’en aimant, qu’on se sent enfin exister parce que notre cœur connaît enfin les élans de la passion (amour des amoureux), ou encore notre cœur connaît enfin l’enthousiasme d’une vraie rencontre (amour d’amitié), ou notre cœur est enfin apaisé (amour des hommes en général, déni de tout ressentiment envers soi et les autres), la philanthropie apporte la paix de l’âme.

WordPress:

J'aimechargement…

Sur le même thème

Ce contenu a été publié dans Non classé par wentzinger alix. Mettez-le en favori avec son permalien.

Ce corrigé vous sera utile pour ces autres sujets voisins


Zoom

L'amour s'impose à l'homme, mais il demeure libre de lui imposer sa volonté. Cette volonté rend l'amour libre. Seule la conscience qui se laisse aveugler par la passion perd sa liberté. Mais, je ne suis pas plus libre d'aimer telle musique, tel paysage, que je ne suis libre d'aimer telle personne. Quand l'amour se fait passion, il ravit les âmes et les prive du pouvoir de décider de leur destin.



L'être le plus volontaire peut en devenir l'esclave. La volonté, face à l'amour, est impuissante. L'enfant est naturellement conduit à aimer ses parents, même s'ils sont mauvais. Les drames de l'amour prouvent la toute-puissance de ce sentiment.] L'amour n'est que l'expression de la volonté de l'espèce Schopenhauer ne voit dans l'amour qu'un travestissement du vouloir-vivre. Les amants croient qu'ils se sont choisis. Il n'en est rien. Une volonté plus puissante que la leur, la. volonté de l'espèce, les a poussés à s'unir. Leur bonheur ou leur malheur ne compte pour rien.


a) Seules les âmes faibles se laissent enchaîner par le sentiment amoureux.
b) Même au sujet de l'amour, connaissance et liberté vont de pair.
c) L'amour rend libre.

  • II) On n'est pas libre d'aimer.

a) L'amour n'est que l'exprssion de la volonté de l'espèce.
b) Nous sommes contraints d'aimer.
c) L'amour peut conduire à la mort.

.../...



Signaler un abus

Vous souhaitez signaler un abus?


Document concerné : Est-on libre d'aimer ?

Auteur du document :

Votre message a bien été envoyé!
On peut distinguer différentes formes d'amour. Le sentiment amoureux qui nous fait aimer une personne pour ses qualités morales et son apparence physique n'est pas de même nature que l'amour d'une mère pour son enfant. L'amour du prochain s'étend à toute l'humanité. L'amour-propre est l'estime que l'on a pour soi-même. L'amour mystique est celui que le croyant éprouve pour Dieu.
Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du cœur et de l'esprit.
La connaissance qu'a l'homme de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. La conscience, par cette possibilité qu'elle a de faire retour sur elle-même, est toujours également conscience de soi. C'est elle qui fait de l'homme un sujet, capable de penser le monde qui l'entoure. CONSCIENCE MORALE: Jugement pratique par lequel le sujet distingue le bien et le mal et apprécie moralement ses actes et ceux d'autrui. CONSCIENCE PSYCHOLOGIQUE : Aperception immédiate par le sujet de ce qui se passe en lui ou en dehors de lui.
L'idée selon laquelle tout serait écrit, déterminé à l'avance, a conduit à ce que les Anciens ont appelé l'argument paresseux. Cet argument consiste à penser que si tout est décidé à l'avance, il est inutile que je cherche à bien faire, puisqu'il arrivera de toute façon ce qui doit arriver.
Personne de condition non libre, qui peut être vendue et achetée et forcée à travailler, le plus souvent sans autre contrepartie que le logement et la nourriture.
Descartes appelle "passions" toutes les affections de l'âme résultant de l'action du corps sur celle-ci.
La notion de personne est la notion d'un être raisonnable, autonome et irremplaçable qui n'obéit à d'autre loi que celle qu'il institue.
Au sens large, ensemble des forces psychiques portant à l'action. Inclinations, désirs, passions relèvent de la volonté ainsi entendue. C'est la détermination arrêtée d'accomplir une certaine action. VOLONTE DE PUISSANCE: Cette notion n'a, dans la philosophie de Nietzsche, aucune connotation militaire, belliqueuse. Celui qui est puissant est celui qui a le courage et la force de réaliser ce que la vie lui demande de réaliser. VOLONTE GENERALE: Selon Rousseau, elle ne peut pas s'identifier seulement à la majorité. La volonté générale est unanime. Elle exprime en sa totalité l'esprit d'une communauté.
Principe auquel est soumis tout être vivant. Il constitue une force instinctive, irrésistible. Chaque représentant d'une espèce, soumis à cette force, est amené à lutter, non pour se réaliser en tant qu'individu, mais pour servir les intérêts de l'espèce. Cette lutte, pour l'homme, n'apporte que souffrance et désillusion. C'est pourquoi, s'inspirant des philosophies bouddhistes, Schopenhauer dit qu'il faut parvenir à renoncer au "vouloir-vivre".

0 Replies to “Est-On Libre Daimer Dissertation”

Lascia un Commento

L'indirizzo email non verrà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *